✰ •* ˚ Les Épouses du Prophète (صلى الله عليه وسلم) ✰ •* ˚ :
Après la perte de Khadija (رضي الله عنها) et de son oncle, Mohamed (صلى الله عليه وسلم) doit faire face à une période éprouvante. De leurs côtés, ses Compagnons observaient sur lui les effets de la tristesse. Ils auraient souhaité le voir briser sa solitude en se mariant le plus tôt possible. Cependant, aucun des Compagnons ne prenait le courage de l'entretenir d'une éventuelle union. Il a fallu qu'un soir Khalwa Bint Hakim as-Salmiyya (رضي الله عنها) aille chez lui et lui dit : "- Ô Envoyé d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ! Je te vois plongé dans la plus totale des tristesses depuis la mort de Khadija (رضي الله عنها)". Elle l'observa un moment, puis soudain, elle lui proposa de se remarier.
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) la regarda en silence, écoutant la voix de son coeur plein de souvenir de la défunte. Il se rappela alors du jour, voilà plus de vingt ans, où Nafisa Bint Muniyya (رضي الله عنها) vint à lui pour lui parler de mariage et lui présenter une éventuelle union avec Khadija (رضي الله عنها). Quelques temps après, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) leva la tête et dit : "- Qui épouserais-je après Khadija (رضي الله عنها) ?"
❧ Sawda, La Dévouée :
Sawda (رضي الله عنها) était mecquoise. Fille de Zam'a ibn Kais. Elle fut d’abord la femme d’As- Sukrân ibn ‘Amrû qu’elle perdit après leur retour de l’Abyssinie (Al- Ḥabasha) dans une bataille livrée contre les ennemis de l’islam. Veuve, Elle avait 50 ans et 5 enfants.
▘Sawda (رضي الله عنها) a dit au Prophète (صلى الله عليه وسلم) : "Ô Envoyé d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ! Garde-moi auprès de toi. Je laisserai mon tour d'intimité à Aisha (رضي الله عنها). En outre, je ne réclamerai pas pour moi, ce que les autres femmes demanderont pour elles !"
[Rapporté par Muslim n°1463]
▘'Aicha (رضي الله عنها), rapporte : « Je n'ai jamais vu une autre femme que Sawda bint Zam'a (رضي الله عنها) à qui j'aurais aimé m'identifier de par son noble caractère, et son intelligence ». Puis elle poursuivit : « Lorsqu'elle devint âgée, elle céda sa nuit à 'Aicha (رضي الله عنها) ». Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) consacrait deux nuits à 'Aïcha (رضي الله عنها), celle de 'Aïcha et la nuit de Sawda (رضي الله عنها).
[Rapporté par Muslim n°6/154]
❧ Aïcha, La Favorite :
La troisième femme qui marque la vie du Prophète (صلى الله عليه وسلم) se nomme Aïcha (رضي الله عنها). Avec elle, il découvre la passion. Aïcha (رضي الله عنها) est la fille d’Abou Bakr Al Siddik (رضي الله عنه).
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) se prépara à aller en expédition militaire. Selon son habitude, il tira au sort l'épouse qui devait l'accompagner, ce fut Aïcha (رضي الله عنها). A son retour victorieux de cette expédition, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) retourna à Médine à la tête de son armée, sans s'apercevoir que `Aïsha (رضي الله عنها) était descendue de son chameau pour aller s'acquitter de besoins naturels. La caravane arriva à Médine au lever du jour. Le chameau de `Aïsha (رضي الله عنها) fut conduit jusqu'au seuil de la maison de cette dernière. Ce fut à ce moment que les gens s'aperçurent avec stupéfaction que la Mère des croyants ne se trouvait pas dans son palefrenier. Peu après,`Aïsha (رضي الله عنها) apparut, montée sur le chameau d'un homme connu sous le nom de Safwan Ibn al-Mu'attal as-Salmi. Un groupe de Juifs et d'hypocrites, à leur tête Abd Llah Ibn Ubbay, qui éprouvait une haine envers le Prophète (صلى الله عليه وسلم) exploitèrent l’événement du collier pour propager des mensonges au sujet de la chasteté de `Aïsha (رضي الله عنها). C'était pour eux l'occasion de déverser leur venin sur l'Envoyé d'Allah (صلى الله عليه وسلم) et son innocente femme.
▘{Ceux qui sont venus avec la calomnie(1) sont un groupe d’entre vous. Ne pensez pas que c’est un mal pour vous, mais plutôt, c’est un bien pour vous. A chacun d’eux ce qu’il s’est acquis comme péché. Celui d’entre eux qui s’est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment. Pourquoi, lorsque vous l’avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n’ont-ils pas dit : «C’est une calomnie évidente ?». Pourquoi n’ont-ils pas produit [à l’appui de leurs accusations] quatre témoins ? S’ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d’Allah, les menteurs. N’eussent-été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde ici-bas comme dans l’au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour cette (calomnie) dans laquelle vous vous êtes lancés, quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n’aviez aucun savoir ; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme. Et pourquoi, lorsque vous l’entendiez, ne disiez-vous pas : «Nous ne devons pas en parler. Gloire à Toi (Ô Allah) ! C’est une énorme calomnie» ? Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants. Allah vous expose clairement les versets et Allah est Omniscient et Sage. Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas. Et n’eussent été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde et (n’eût été) qu’Allah est Compatissant et Miséricordieux}
[Sourate 24 ; 11-20]
Aïcha (رضي الله عنها) a rapporté beaucoup de hadiths, était également une infirmière courageuse durant les expéditions militaires, elle se chargeait également de rassasier les combattants, et reste aux côtés de Mohamed (صلى الله عليه وسلم) jusqu’à son lit de mort.
▘D'après 'Ata, 'Aicha (رضي الله عنها) était la personne qui avait la meilleure compréhension, la plus savante des gens et celle qui avait les avis les plus justes à propos des affaires concernant les musulmans dans leur ensemble.
[Rapporté par Al Hakim dans son Moustadrak n°6823 et authentifié par Cheikh Moqbil dans sa correction du Moustadrak]
❧ Hafsa, La Rejetée :
Hafsa (رضي الله عنها) est la fille du deuxième calife, Omar ibn Al-Khattab (رضي الله عنه). Elle fût veuve à l’âge de 21 ans, son mari mourut à la bataille d’Uhud. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) l'avait divorcé au moment de l’événement du Thadhahour (qui signifie littéralement le complot)*.
Après la mort du Prophète (صلى الله عليه وسلم), ce fut Hafsa (رضي الله عنها) qui a été chargée de garder la copie écrite du Coran.
▘D'après Anas Ibn Malik (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Jibril (عليه السلام) a dit : Reprend Hafsa , car elle jeûne et prie la nuit et elle est ta femme dans le Paradis ».
[Rapporté par Al Hakim et authentifié par Cheikh Al-Albani dans Sahih Al Jami' n°4351]
❧ Zaynab, La Médinoise :
Zaynab (رضي الله عنها), fille de Khuzaimah, devint veuve lors de la bataille contre la Mecque. Elle était mariée à 'Ubaydah b. al-Harith, un musulman fervent de la tribu de al-Muttalib. Elle était surnommée Umm al-Masakin (La mère des pauvres), à cause de sa grande charité et de sa grande gentillesse. Elle tomba malade et mourut quelques mois après son mariage. Elle fut sa première épouse médinoise et la première des épouses à décéder.
❧ Umm Salama, La Convertie précoce :
Hind bint Abû Umaiyah ibn Al-Mughîrahla, appelée Umm Salama (رضي الله عنها), fait partie des converties les plus précoces à l’Islam. Elle était mariée à Abou Salamah Abdullah bin Abdul Assad, qui était le frère de lait de Mohamed (صلى الله عليه وسلم), Ils s'étaient tous deux convertis à l'islam très précocement, si bien qu'ils durent émigrer en Abyssinie pour fuir la persécution des Quraish.
Peu après, elle et son mari sont revenus à La Mecque, pour devoir émigrer de nouveau, à Médine cette fois-ci. Umm Salama (رضي الله عنها) résista à sa famille mecquoise mécréante, qui la torturait à travers son fils. Son mari participa aux batailles de Badr et d’Uhud, à la suite de laquelle il décéda peu de temps après du fait de ses séquelles.
Veuve, Elle accepte finalement la main du Prophète (صلى الله عليه وسلم), après avoir refusé celles de Abou Bakr et de Omar. Umm Salama (رضي الله عنها) est la dernière femme de Mohamed (صلى الله عليه وسلم) à être décédée. De ce fait, c’est celle qui a ramené le plus de hadiths.
❧ Zaynab, La Cousine du Prophète (صلى الله عليه وسلم) :
Zaynab bint Jahsh (رضي الله عنها) est la cousine, la fille de l'une des tantes paternelles (Umaimah) du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) arrangea le mariage de Zaynab, veuve, avec Zayd ibn Harithah (رضي الله عنه) qui était le fils adoptif du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Zaynab (رضي الله عنها) était opposée au mariage, mais qui a finalement eut lieu. Mais rapidement, la relation entre les époux se dégradèrent. Malgré les interventions du Prophète (صلى الله عليه وسلم) tentant de les réconcilier, ils finirent par divorcer. Divorcée, Après la période prescrite, Mohamed, (صلى الله عليه وسلم) reçut, à travers la révélation, l’ordre d’Allah (Exalté) d’épouser Zaynab (رضي الله عنها). Ce verset visait à annuler l’interdiction pré-islamique qui empêchait des parents adoptifs d’épouser l’ex-conjoint de cet enfant adoptif. Cette interdiction était alors répandue chez les arabes, en raison de l’importance qu’ils accordaient à l’adoption.
Elle était artisane et très charitable, elle tannait des peaux et fabriquait des objets de cuir. Elle distribuait le bénéfice de son travail aux pauvres.
▘{Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son Messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident. Quand tu disais à celui qu’Allah avait comblé de bienfait, tout comme toi-même l’avais comblé : «Garde pour toi ton épouse et crains Allah», et tu cachais en ton âme ce qu’Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eut cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d’Allah doit être exécuté(1). Nul grief à faire au Prophète en ce qu’Allah lui a imposé,(2) conformément aux lois établies pour ceux qui vécurent antérieurement. Le commandement d’Allah est un décret inéluctable
[Sourate 33 ; 36-38]
▘D'après 'Aicha (رضي الله عنها), le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit à ses épouses : « Celle d'entre vous qui va me rejoindre le plus rapidement (C'est à dire celle des épouses du Prophète (صلى الله عليه وسلم) qui va mourir en premier après sa mort), est celle qui a la plus longue main ».
Ainsi après la mort du Prophète (صلى الله عليه وسلم), lorsqu'on se regroupait dans la maison de l'une d'entre nous on regardait sur le mur laquelle d'entre nous était celle qui avait les mains les plus longues.
Nous n'avons pas cessé de faire cela jusqu'à la mort de Zaynab Bint Jahch (رضي الله عنها).
Elle était une femme de petite taille et n'était pas la plus grande d'entre nous et ainsi nous avons su que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) visait par la grandeur de la main l'aumône = C'est à dire que Zaynab Bint Jahch (رضي الله عنها) était celle des épouses du Prophète (صلى الله عليه وسلم) qui faisait le plus d'aumône.
[Rapporté par Al Hakim dans son Moustadrak n°6855 qui l'a authentifié selon les condition de Mouslim et l'imam Dhahabi l'a approuvé. Il a également été authentifié par l'imam Ibn Hajar dans Fath Al Bari 3/337]
▘D'après 'Abd Rahman Ibn Al Harith (رضي الله عنه), 'Aicha (رضي الله عنها) a dit à propos de Zaynab Bint Jahch (رضي الله عنها) : "Elle était celle des épouses du Prophète (صلى الله عليه وسلم) qui m'égalait au niveau de notre rang auprès du Prophète (صلى الله عليه وسلم).
Je n'ai jamais vu une femme qui soit meilleure qu'elle dans la religion, qui ai plus de Taqwa qu'elle envers Allah, qui soit plus véridique qu'elle dans ses propos, qui lie plus ses liens de parenté qu'elle, et qui fasse plus d'aumône qu'elle".
[Rapporté par Muslim n°2442]
❧ Juwayriya Bint Al-Hârith, La Captive :
Elle était la fille d'Al-Hârith, le chef de la tribu des Banu Al Mustaliq, alliée aux Quraysh. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) avait été averti que cette tribu faisait des préparatifs de guerre, malgré la trêve conclue entre les Quraysh et le Prophète (صلى الله عليه وسلم). Il prit donc l'initiative de l'attaque, et remporta la victoire. Dans le butin, outre des biens matériels, il y avait des captifs dont Juwayriya Bint Al-Hârith (رضي الله عنها), la fille du chef de la tribu vaincue. Lors du partage, elle fut attribuée à deux personnes, qui décidèrent de la libérer contre paiement d’une rançon.
Juwayriya (رضي الله عنها) rendit visite au Prophète (صلى الله عليه وسلم) alors qu'il était chez 'Âïsha (رضي الله عنها). Elle déclara qu'elle embrassait l'Islam et lui demanda de l'aider à payer sa rançon. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) répondit à sa demande et lui proposa le mariage. Elle n’eut pas d’hésitation. Ce mariage permit la libération de nombreux captifs et esclaves ainsi que la conversion de la totalité d’une tribu.
Le nom de Juwayriya Bint Al-Hârith (رضي الله عنها) avant sa conversion était « Barra », qui signifie : « la Femme Pieuse ». Le Prophète (صلى الله عليه وسلم), considérant qu’un tel nom consisterait à faire l’éloge de soi-même, décida de la nommer Juwayriya, qui veut dire : « la Petite Fille ».
Juwairîyah Bint Al-Hârith (رضي الله عنها) était réputée pour sa piété, sa prière et ses jeûnes. Nous lui devons également quelques traditions sur la vie de Muhammad (صلى الله عليه وسلم) et quelques hadiths dont celui de ne pas jeûner le vendredi isolément, dans les cas du jeûne surérogatoire, sans l’accompagner du jeudi ou du samedi.
▘D'après 'Aicha (رضي الله عنها) a dit à propos de Juwayriya Bint Al-Hârith (رضي الله عنها) : "Je ne connais aucune autre femme qui ait été d’une telle bénédiction pour son peuple".
[Ibn Abd al-Barr, IV, 1805]
❧ Safiya, La Juive :
Safiya bint Houyay (رضي الله عنها) est la fille de Houyay ibn Akhtab, le chef de la tribu des Banu Nadir. Ils descendaient des enfants d’Israël de la lignée de Lévi fils de Yaa3cob, puis de Hârûn, le frère de Moussa. Veuve à 18ans, son époux a été tué pendant la bataille de Khaybar et elle fut capturée. Selon la tradition, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) l’aurait épousé afin de marquer une trêve avec la tribu des Banu Nadir, de confession juive.
Après avoir été convaincue, Safiya (رضي الله عنها) se convertit à son tour à l’Islam. Une fois affranchie, il l’épousa. Elle n'a pas été bien acceptée par ses autres épouses, particulièrement à son arrivée. Anas (رضي الله عنه) rapporta qu’un jour le Prophète (صلى الله عليه وسلم) trouva Safiya (رضي الله عنها) en train de pleurer. Quand il l’interrogea sur la cause de ses larmes, elle répondit qu’elle avait entendu Hafsa (رضي الله عنها) la décrire de façon peu flatteuse comme "Une fille de Juif".
▘Une fois Hafsa (رضي الله عنها) dit à Safiya (رضي الله عنها) : « Tu es la fille d'un juif !», Ce qui l'a fit pleurer. Lorsque le Prophète (صلى الله عليه وسلم) entra la voir, il lui dit : « Qu'est ce qui te fait pleurer ainsi ? ». Elle lui répondit : « Elle a dit de moi que j'étais la fille d'un juif ! »,
Il lui dit alors : « Tu es la fille d'un Prophète, ton oncle est un Prophète, et tu es sous la tutelle d'un Prophète, alors de quoi pourrait-elle se vanter de plus ?! » Puis il dit : « Crains Allah Ô Hafsa (رضي الله عنها) !»
[Rapporté par Ahmed n°3/135 et At-Tirmidhî n° 3894]
❧ Umm Habiba, L'Exilée :
Umm Habiba (رضي الله عنها), de son vrai nom Ramlah était la fille d'Abu Sufyan, chef de la tribu de Quraysh à la Mecque. Il était l’un des ennemis les plus virulents de l’islam. Elle épousa Ubayda Allah Ibn Jahsh (cousin du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et frère de Zaynab bint Jahsh (رضي الله عنها)). Tous les deux avaient émigré en Abyssinie. Arrivée en Abyssinie, elle accoucha, quelques temps après, d'une fille qu'elle appela Habiba, d'où le nom sous lequel elle est connue : Umm Habiba. Bien que son époux ait renié l'Islam pour devenir chrétien, Umm habiba (رضي الله عنها), persista dans la religion de l'Islam, qu'elle avait adoptée librement et sans aucune contrainte, et ne fut point influencée par l'apostasie de son mari qui tenta de la rallier à sa nouvelle croyance. Il mourut en Abyssinie.
Veuve, elle ne pouvait plus retourner à la Mecque car elle n'y trouverait qu'animosité auprès de sa famille. Aussi, s'enferma-t-elle dans sa maison éthiopienne et se replia sur elle-même, montrant un courage exemplaire et d'une endurance à toute épreuve. Sa tristesse devait être encore plus grande en apprenant que son père Abu Sufyan était entré en guerre ouverte contre le Prophète (صلى الله عليه وسلم) et contre la Communauté musulmane dont elle faisait partie, corps et âme.
Après un long moment vécu dans le veuvage, elle reçu une lettre dans laquelle il lui demandait de désigner un tuteur qui la marierait au Prophète (صلى الله عليه وسلم). Elle demanda à Khalid Ibn Sa'id, le plus en vue des émigrants de son clan les Banu Umiyya, d'être son tuteur. Le Négus contracta leur mariage, à distance, en l'absence du Prophète (صلى الله عليه وسلم).
Le contexte redevint calme, et les émigrés purent revenir à Médine, afin d’y vivre paisiblement. De plus, les musulmans ont remporté la victoire à Khaybar, et plus aucune tribu n’était à ce moment hostile à leur égard. Une trêve de 10 ans a également été conclu entre la communauté musulmane, et les tribus hostiles qui les entouraient. Cependant, quelques Quraych violèrent cette trêve. Le père d’Umm Habiba (رضي الله عنها) s’empressa d’aller voir le Prophète (صلى الله عليه وسلم) afin de lui faire savoir qu’il s’agissait d’un acte isolé, et qu’il voulait renouveler la trêve.
Abu Sufyan et son fils, Mouawyia finirent par embrasser l’islam, à la grande joie et soulagement d’Umm Habiba (رضي الله عنها).
▘Un jour elle vit en rêve quelqu'un qui l'appela et lui dit : « Ô Mère des Croyants ! », ce qui la réveilla, elle comprit que le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) allait l'épouser ».
[Selon les Tabaqat de ibn Sa'd n°8/97]
▘Un jour elle dit : « Allah fait moi jouir de la compagnie du Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ».
[Rapporté par Muslim n°7/1363]
❧ Maymûna, La Dernière :
Maymuna (رضي الله عنها) fille d’Al-Hârith, était la demi-soeur de Zaynab bint Khouzayma (رضي الله عنها), une autre épouse du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Maymûna (رضي الله عنها) était veuve, âgée de 36 ans, lorsque le Prophète (صلى الله عليه وسلم) l’épousa. Elle était désireuse d'épouser le Prophète (صلى الله عليه وسلم). Al-'Abbas alla directement trouver le Prophète (صلى الله عليه وسلم) avec la proposition de mariage avec Maymûna (رضي الله عنها) et sa proposition fut acceptée. Ils se marièrent, juste après que les musulmans de Médine aient obtenu la permission de visiter la Mecque sous les conditions du traité d'Al-Hudaybiya, afin d'effectuer le petit Pèlerinage.
▘{Ô Prophète ! Nous t’avons rendu licites tes épouses à qui tu as donné leur mahr (dot), ce que tu as possédé légalement parmi les captives [ou esclaves] qu’Allah t’a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes paternelles, les filles de ton oncle maternel, et les filles de tes tantes maternelles, - celles qui avaient émigré en ta compagnie -, ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, pourvu que le Prophète consente à se marier avec elle : c’est là un privilège pour toi, à l’exclusion des autres croyants. Nous savons certes, ce que Nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et des esclaves qu’ils possèdent, afin qu’il n’y eût donc point de blâme contre toi. Allah est Pardonneur et Miséricordieux}
[Sourate 33 ; 50]
Elle s'appelait « Baza » mais le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lui donna un autre nom, « Maymûna »
Il est communément reconnu que ce fut après le mariage du Prophète (صلى الله عليه وسلم) avec Maymûna (رضي الله عنها), ce qui lui faisait neuf femmes, que le verset suivant fut révélé :
▘{Il ne t’est plus permis désormais de prendre [d’autres] femmes, ni de changer d’épouses, même si leur beauté te plaît ; - à l’exception des esclaves que tu possèdes. Et Allah observe toute chose}
[Sourate 33 ; 52]
❧ Maryia, La Copte :
Maryia (رضي الله عنها) naquit dans un village appelé Hifin, situé sur le bord oriental du Nil. Elle arriva à Médine avec sa soeur Sérine. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) venait de revenir de Hudaybiyya où il conclut un pacte avec les Qurayshites. Maria lui plut et la prit pour épouse.
Deux années s'étaient écoulées depuis son mariage, Maryia (رضي الله عنها) était enceinte d'un garçon. Il nomma son fils Ibrahim, nom du Père des Croyants. Le bonheur de Maryia (رضي الله عنها) ne dura qu'une année et un peu plus. Elle allait connaître une épreuve terrible et une période amère : la perte de son enfant.
▘Anas (رضي الله عنه) rapporte : « Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) entra chez Ibrahim [son fils] رضي الله عنه alors qu'il agonisait. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) se mit à verser des larmes, 'Abd ar-Rahman ibn 'Awf (رضي الله عنه) lui dit aussitôt : «Toi aussi, Prophète d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ?»
«Ibn 'Awf (رضي الله عنه), cela est une Miséricorde, répondit le Prophète (صلى الله عليه وسلم).»
Puis il poursuivit : « L'oeil pleure, le coeur est triste, mais nous ne disons que ce qui plait à notre Seigneur. Ô Ibrahim, ta séparation nous chagrine ! »
[Rapporté par Al-Bukhari 1220 et Muslim 4279]
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