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2017-06-13T09:26:00+02:00

Apprenons 📖

Publié par Assia Zed
✰ •* ˚ Histoire de Julaybib - رضي الله عنه - ✰ •* ˚ : 
 
Julaybib, nom peu commun et réducteur n’est autre que la forme diminutive de " Jalbab " et signifie " petit homme ". On comprend par là que Julaybib était petit et trapu, voire nain. Il était, en outre, décrit comme étant " damîm " c’est-à-dire repoussant ou laid.
 
Fait plus gênant que sa difformité, Julaybib ne connaissait ni sa mère ni son père ni même sa tribu d’appartenance. On comprend la gravité de cet handicap quand on sait que la société arabe était régie par les liens familiaux et tribaux. Julaybib ne pouvait par conséquent espérer ni compassion, ni secours, ni protection. En somme, Julaybib savait simplement qu’il était arabe et qu’au sein de la récente communauté musulmane il faisait partie des Ansars. Cependant, on ne sait pas s’il appartenait à l’une des tribus des environs de Médine qui avaient migré par la suite vers la ville ou s’il était un Ansar de la ville même.
 
Ses handicaps étaient d’autant plus difficiles à vivre qu’il était constamment mis à l’écart, humilié ou raillé. Un certain Abû Barzah de la tribu des Aslam lui avait même interdit l’entrée de sa maison. Il dit un jour à son épouse : " Ne laisse jamais Julaybib entrer chez nous, sinon je serais sans pitié envers lui. "
 
En effet, à force d’être l’objet de moqueries de la part des hommes, Julaybib avait l’habitude de se réfugier en la compagnie des femmes.
 
Julaybib pouvait-il espérer le respect et la considération ? Allait-il pouvoir satisfaire ses besoins émotionnels élémentaires en tant qu’homme et individu ? Etait-il impossible qu’il entretienne des relations humaines normales ? Dans le cadre de la nouvelle société islamique, allait-il encore être écarté des affaires de l’Etat et des questions courantes ?
 
Malgré les problèmes qui le préoccupaient, le Prophète de la Miséricorde (صلى الله عليه وسلم) sut également écouter les besoins et la sensibilité du plus humble de ses Compagnons. Pensant à Julaybib, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) alla trouver un Ansar pour lui demander la main de sa fille.
 
" Quelle merveille et quelle bénédiction, ô Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ! Quel plaisir ce serait à mes yeux, répondit l’Ansârite débordant de joie et de bonheur.
- Je ne la veux pas pour moi, ajouta le Prophète (صلى الله عليه وسلم) .
- Pour qui alors, ô Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ?, demanda l’homme quelque peu déçu.
- Pour Julaybib, répondit le Prophète (صلى الله عليه وسلم). "
 
Trop déstabilisé pour réagir, l’Ansârite se contenta de dire qu’il allait consulter son épouse. Il raconta à son épouse : " Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) est venu demander la main de notre fille. " Elle fut transportée de joie. " Quelle merveilleuse idée et quel plaisir ce serait ! " Quand son mari ajouta : " Il ne la veut pas pour lui mais pour Julaybib. ", ahurie, elle protesta :
" Pour Julaybib ? Non jamais de la vie ! Non par Allah, nous ne la marierons pas à Julaybib. "
 
La jeune fille entendit les protestations de sa mère tandis que son père était sur le point d’informer le Prophète (صلى الله عليه وسلم) de la décision de son épouse. Elle s’enquit du nom du prétendant. Sa mère lui fit part de la demande du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Lorsqu’elle apprit que la requête venait du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et que sa mère était complètement opposée à cette idée, la jeune fille en fut très perturbée.
 
" Refuses-tu la requête du Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ? J’accepte car il ne peut m’égarer." N’est-ce pas là la réponse d’une grande femme consciente des exigences de l’islam ? Existe-t-il satisfaction plus grande que d’obéir aux commandements du Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) ? Ce Compagnon du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dont nous ne connaissons même pas le véritable nom avait certainement eu connaissance de ce verset du Coran :
" Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident. "
[Sourate 33 ; 36]
 
Ce verset avait été révélé suite au mariage de Zaynab Bint Jahsh et de Zayd Ibn Hârithah arrangé par le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans le but de promouvoir l’esprit égalitaire de l’islam. Zaynab, offensée à l’idée d’épouser Zayd, un esclave affranchi, avait refusé cette union. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) eut le dessus et le mariage fut célébré. Il se termina néanmoins en divorce et Zaynab finit par épouser le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lui-même.
La jeune fille Ansârî aurait cité ce verset à ses parents et dit : " Je suis heureuse et me soumets à tout ce que le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) juge bon pour moi. "
 
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) eut vent de sa réaction et pria pour elle : " Ô Seigneur, accorde-lui le bien en abondance et écarte de sa vie les souffrances et les ennuis. "
 
Parmi les Ansars, on disait qu’il n’y avait pas épouse plus accomplie qu’elle. Elle fut mariée à Julaybib par le Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils vécurent ensemble jusqu’à sa mort.
 
Il fut tué lors d’une expédition avec le Prophète (صلى الله عليه وسلم) qui les opposa à des mushrikins. À la fin de la bataille, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) interrogea ses compagnons sur leurs pertes. Chacun de citer les noms de ses parents ou amis proches tombés pendant le combat. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) de s’écrier : " Mais j’ai perdu Julaybib. Partez à sa recherche. "
 
Il fut trouvé près de sept polythéistes qu’il avait tués avant de tomber. Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) se rendit à l’endroit où gisait Julaybib, son petit Compagnon difforme et dit : " Il a tué sept hommes avant de mourir. "
Il répéta alors plusieurs fois : " Cet homme est de moi et je suis de lui".
 
Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) le prit alors dans ses bras. Il lui creusa une tombe et l’y plaça, sans le laver car les martyrs ne reçoivent pas le bain rituel avant l’enterrement.
 
Julaybib et son épouse ne font habituellement pas partie des Compagnons du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dont on chante les actes et dont on admire les exploits. Néanmoins le peu que l’on sait d’eux et qui a été repris ici montre que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a su mettre un terme au désespoir et à l’humiliation d’êtres humbles et leur apporter joie et dignité.
 
La réponse positive de la jeune ansârite dénote une profonde compréhension de l’islam. Son attitude reflète l’effacement de ses désirs et préférences personnels alors qu’elle aurait pu compter sur le soutien de ses parents. Elle ne fit aucun cas des pressions sociales et s’en remit totalement à la sagesse et à l’autorité bienfaisante du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Elle était du nombre des vrais croyants.
 
À cause de son apparence, Julaybib avait été mis en marge de la société. En lui prêtant secours, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lui redonna sa confiance. Ainsi soutenu et encouragé, Julaybib fut capable d’actes de courage. Son suprême sacrifice lui valut d’être loué par le Prophète (صلى الله عليه وسلم) : " Il est de moi et je suis de lui. "
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