C'est une obligation conditionnelle, collective (Fard Kifâya), il faut absolument qu'un groupe de croyants la fasse, mais quand un groupe s'en occupe alors l'obligation est levée pour tous les autres, bien que ces derniers perdent une très grande récompense.
Il est du devoir pour celui qui perd une personne -jeûne ou âgée soit-elle- d'organiser, après la toilette mortuaire et l'enveloppement dans un linceul, une prière funéraire en faveur du défunt et même si la personne est toute seule.
Il est recommandable à celui qui a manqué la prière sur le mort de prier sur lui dans le cimetière en se positionnant de sorte que la tombe soit entre lui et la qibla (direction de la Ka`ba). Il a, pour le faire, un délai d'un mois après l'enterrement.
L'imam Ahmad a dit : C'est le maximum que j'ai entendu, c'est-à-dire : Un mois. Si on dépasse ce délai d'un jour ou deux, alors il n'y a pas de mal à cela. Au-delà de cette période, il ne faut prier sur le mort mais il faut se contenter juste d'invoquer pour lui le pardon d'Allah.
Selon la Sunna, l'imam doit se placer au niveau de la tête du défunt homme et du flanc de la femme. Et s'il y a plusieurs morts, l'homme est placé en avant, ensuite l'enfant masculin, suivit de la femme, enfin de l'enfant féminin. On effectue une prière funéraire sur eux tous, l'objectif étant de précipiter les rites funèbres. La tête du garçon est placée au niveau de celle de l'homme, ainsi que flanc de la femme et de la fille, suivant la Sunna.
La Sunna consiste à prier derrière l'imam. Cependant, on peut par nécessité se ranger aussi bien à la gauche de l'imam qu'à sa droite. S'il n'y a pas assez de place cela ne cause aucun problème.
La prière funéraire est effectuée pour chaque musulman même si ce dernier est petit et n'a pas approché l'âge de la puberté, au point où la prière [mortuaire] est décrétée même pour un embryon qui tombe du ventre de sa mère alors qu'une âme lui a été insufflée.
il est permis d'accomplir la prière funéraire sans lever les mains car ce qui est indispensable à faire c'est la prononciation des Takbîrs, la récitation de la sourate de l'Ouverture (Al-Fâtiha), l'invocation d'Allah pour le défunt et le salut final. Le fait de lever les mains est une Sunna pendant tous les Takbîrs.
► Q : Comment fait-on la prière funéraire ?
R : Pour effectuer cette prière :
--> l'imam dit : "Allahou Akbar" (Allah est le plus Grand),
dit : "A`oudhou bil-Lâhi nin ach-Chaytâni ar-Radjîm" (Je cherche refuge auprès d'Allah contre le Satan le lapidé), dit : "Bismi-Lâh ar-Rahmân ar-Rahîm" (Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux), après quoi il récite la Fatiha. Il est recommandé de le faire accompagner d'une courte Sourate comme Al-Ikhlâs, Al-`Asr (respectivement les Sourates 112 et 103) ou encore quelques versets du Coran car, il est authentiquement rapporté du Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam), selon un hadith d'Ibn `Abbâs (Qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) faisant état de cela.
--> Ensuite l'imam fait un deuxième takbîr (dire : Allah est le plus Grand) et prie sur le Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) comme il le fait dans la Tachahhoud finale (une récitation suivie de la prière pour le Prophète, en position assise faite à la fin de la prière et avant de la clôturer).
--> Il fait le troisième takbîr et fait l'invocation connue en faveur du défunt, tout en y faisant accord relativement à la nature du défunt, masculin ou féminin ou qu'il s'agisse d'un groupe de morts.
--> Il fait le quatrième takbîr, observe une brève pause et prononce une seule fois à droite le salut final.
Quant à l'invocation de l'ouverture de la prière, on peut la faire ou la laisser, cependant il est préférable de la laisser suivant la parole du Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) : Prenez une allure rapide en emportant le cercueil. jusqu'à la fin du hadith.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), (Numéro de la partie : 13, Numéro de la page : 141)]
► Selon Abou Houraira (Radia Allah ‘anh), le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : "Quiconque suit un convoi funèbre et accomplit la prière du mort, bénéficiera d'un qîrât ; quiconque y participe jusqu'à la fin des funérailles bénéficiera de deux qîrât (montagne), dont le plus petit est de la dimension de Uhud - ou dont l'un est de la dimension de Uhud ".
[Al-Bukhâri, Mouslim, Abou Dâwoud, At-Tirmidhi]
► Aicha (Radia Allah ‘Anha) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : "Chaque fois qu'un groupe d'une centaine de musulmans assiste à la prière d'un (musulman) défunt et que chacun d'eux intercède pour lui, l'intercession est toujours acceptée"".
[Rapporté par Muslim, Ahmad, At-Tirmidhi]
► Ibn 'Abbas (Radia Allah ‘anh) a dit : "J'ai entendu le Prophète (صلى الله عليه وسلم) dire : "Il n'y a pas un musulman qui meurt et auquel prient sur lui 40 personnes de ceux qui n'associent rien à Allah, sans qu'ils n'intercèdent pour lui auprès d'Allah"".
[Rapporté par Muslim, Ahmad, Abou Dawud]
► Abou Hourayra (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit : Une femme de couleur s'occupait de l'entretien de la mosquée. Ne l'ayant pas vue depuis quelques jours, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) demanda d'après elle. Ils lui dirent : "Elle est décédée". Il dit : 'Pourquoi ne m'avez-vous informé ? Indiquez-moi sa tombe'". Ils lui indiquèrent la tombe et il pria sur elle.
[Rapporté par Al-Boukhârî et Muslim]
► Sa`îd ibn Al-Moussayyib (qu'Allah l'agrée) relate : Omm Sa`d était décédée alors que le Prophète, (صلى الله عليه وسلم) était absent. Lorsqu'il fut de retour, il pria sur elle alors qu'elle était décédée depuis un mois.
[Rapporté par At-Tirmidhî]
► D'après Ibn `Abbâs (Qu'Allah soit satisfait de lui et de son père) : Le Messager d'Allah (صلى الله عليه وسلم) se rendit auprès d'une tombe encore fraîche, lui fit une prière funéraire, les gens se rangèrent derrière lui, et il fit quatre Takbîr (Allah est Le Plus Grand).
[Rapporté par Al-Boukhârî 2 / 192 ( par presque les mêmes termes ), Mouslim 2 / 658 sous le numéro (954), Abou Dâwoud 3 / 536-537 sous le numéro (3196), et Al-Bayhaqî 4 / 45.]
► Q : "Pouvons-nous accomplir la prière funéraire après la prière obligatoire de l`Asr ?"
R : "Si la situation est telle que vous la mentionnez, il est permis d'accomplir la prière funéraire après la prière de l`Asr, car la prière funéraire est une prière causale. Elle déroge, de ce fait, à la règle globale édictée par le hadith suivant : 'Il ne faut pas accomplir d'autres prières (surérogatoires) après la prière de `Asr (l'après-midi) jusqu'au coucher du soleil'.
[Rapporté par Ahmad 1 / 18, 21, 2 / 42, 207, 211, 3 / 39, 73, 95, Al-Boukhârî 1 / 146, Muslim 1 / 567 sous le numéro (827), Abou Dâwud 2 / 56 sous le numéro (1276), An-Nasâ'î 1 / 258, 278, sous le numéro (518, 567), Ibn Mâdja 1 / 395, 396 sous le numéro (1249, 1250), Ad-Dârqottnî 1 / 246, 425, 426, et Al-Bayhaqî 2 / 451-452, 461, 462]
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), La question 6 de la Fatwa numéro ( 4373)]
► Q : Est-ce qu'on lave une personne morte victime d'une injustice ?
R : Oui, elle doit être lavée et on prie sur elle la prière funéraire. Parce que `Omar (Al-Fârouq) (qu'Allah soit satisfait de lui) a été tué injustement, ainsi que `Othmân (qu'Allah soit satisfait de lui), et avec cela les Compagnons du Prophète les ont lavés et ont fait la prière funéraire sur eux. De même, `Alî (qu'Allah soit satisfait de lui) a été tué injustement, et pourtant, il a été lavé et on a fait de prière funéraire sur lui.
[Sheikh Ibn Baz (rahima' o Allah), ( Numéro de la partie : 13, Numéro de la page : 122)]
► `Oqba ibn `Amîr (Qu'Allah soit satisfait de lui) a dit : Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a interdit de prier ou d'ensevelir nos morts pendant trois heures : "au lever du soleil jusqu'à ce qu'il se soit pleinement apparu, à midi jusqu'à ce que le soleil décline et au moment où le soleil penche vers le coucher"
[Rapporté par Muslim dans ( La prière des voyageurs et son raccourcissement ), Chapitre : "Les heures où la prière est interdite", sous le numéro (831), An-Nasâ'î dans (Les Funérailles), Chapitre : "Les heures où l'enterrement des morts est interdit", sous le numéro (2013)]
► Q : Est-il permis de faire la prière funéraire sur une personne qui s'est suicidée par colère ?
R : Il est permis de faire la prière funéraire sur un suicidé. Mais le gouverneur général doit s'abstenir de le faire car Le Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) ne priait pas sur une personne qui s'est suicidée compte tenu de la gravité de ce crime puis afin de mettre en garde les gens contre le suicide.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), La question 2 de la Fatwa numéro (3782)]
► Q : Accomplit-on la prière funéraire pour un devin (ou un voyant) qui meurt, au cas où il faisait sa prière de son vivant ou non ?
R : On n'accomplit pas la prière funéraire pour un devin (ou un voyant) qui meurt, alors qu'il insistait à prétendre pouvoir dévoiler l'avenir et l'Inconnaissable, car cette prétention est un acte de mécréance majeure rendant invalides la prière et les autres actes.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), (Numéro de la partie : 1, Numéro de la page : 602)]
► Q : Lorsqu'un collègue au travail décède, on distribue des papiers où il est mentionné le lieu où on fera la prière funéraire ou les condoléances. Quel est l'avis religieux concernant cela ?
R : Selon mes connaissances, il n'y a rien de mal à cela car le Prophète (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) a fait la même chose avec le Négus . Alors, il n'y a rien de mal à mentionner que la prière funéraire sera faite à telle mosquée.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), (Numéro de la partie : 13, Numéro de la page: 410)]
► Q : Est-il permis à une femme de diriger la prière funéraire pour les autres femmes, lorsque le défunt (ou la défunte) se trouve dans le lavoir ? Donnez-nous une fatwa, qu'Allah vous récompense.
R : Il est permis à une femme de diriger la prière funéraire après avoir fini de laver et d'envelopper la défunte ; la prière doit-être effectuée à l'extérieur du lavoir et son emplacement sera au milieu de la première rangée.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), La question 4 de la Fatwa numéro (20844)]
► « Et ne fais jamais la Salat sur l'un d'entre eux qui meurt, et ne te tiens pas debout auprès de sa tombe, parce qu'ils n'ont pas cru en Allah et en Son Messager, et ils sont morts tout en étant pervers. »
[Sourate 9 : 84]
► Q : Le Messager (Salla Allah `Alaihi Wa Sallam) recommande d'invoquer avec sincérité Allah pour un défunt pendant le troisième Takbîr (dire : 'Allahou Akbar [Dieu est le plus grand]. Cette recommandation concerne-t-elle un défunt musulman que l'on connait ou bien tous les morts comme cela se fait à chaque moment où on prie sur les morts, alors que nous ne savons pas si le mort était musulman ou pas ?
R : La prière funéraire n'est accomplie que pour un musulman. Une personne est considérée musulmane en fonction de ce qui apparaît de sa pratique religieuse mais sans enquêter sur son fond. Celui qui faisait apparaître les symboles de l'islam et dont on ignore l’accomplissement des différents types de polythéisme majeur, a droit à la prière mortuaire. Nous accomplissons pour lui la prière funéraire et on se montre sincère dans les invocations faites en sa faveur. Celui dont l’état est inconnu par certains musulmans, la prière funéraire est effectuée par ceux qui ne le connaissent pas en suivant ceux qui, parmi eux, le connaissent. Il est légitime de prier pour toute personne qui est ramenée à la mosquée en se basant sur l’apparence.
[Sheikh Ibn Baz (rahima'o Allah), La question 5 de la Fatwa numéro (3867)]
► « Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier d'Allâh qu'ils sont morts. Au contraire ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients. »
[Sourate 2 :154]
► Jâbir (Radia Allah ‘anh) a dit : "Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) est passé près des martyrs d'Ouhoud alors qu'ils étaient en sang, il ne les a ni lavé ni prié sur eux".
[Rapporté par Al-Bukhari].
► Selon Moughîra Ibn Chou'ba (Radia Allah ‘anh), le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : "Et la fausse couche, on prie sur lui en invoquant pour ses parents le pardon et la miséricorde".
[Rapporté par Ahmad, Abou Dâwud].
Dans une autre version : "Et l'enfant, on prie sur lui".
[Ahmad, an-Nasâi, At-Tirmidhi]
► Ach-Châfi'i (Rahimaho Allah) a dit : "On ne prie pas sur les martyrs par allègement pour les combattants qui étaient avec eux, du fait de leurs blessures et de la peur du retour de l'ennemi".
► Ibn Al-Qayim (Rahimaho Allah) a dit : "On prie sur eux si on veut, et on ne le fait pas si on veut de part de tout ce qui est rapporté. C'est l'un des avis d'Ahmad et celui qui convient le mieux à son école".
Toutes les personnes que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a surnommé martyres sont les suivantes : la personne poignardée, la personne morte d'un mal de ventre, la personne morte sous les décombres d'une construction quelconque ou dans une noyade, la personne tuée dans la voie d'Allah, ou pour sa religion, pour défendre ses biens, sa famille ou sa vie. Il est obligatoire de faire le grand bain (Ghusl) à tous ces martyrs et d'accomplir la prière funéraire pour eux, à l'exception de celui qui meurt en martyr dans le combat. Car ce dernier ne doit pas être lavé et la prière funéraire ne doit pas être accomplie pour lui. Le Prophète d'Allah (صلى الله عليه وسلم) n'a pas fait le grand bain aux martyrs de Ohoud qui sont décédés en plein champ de bataille.